« Le pic des investissements est derrière nous », tel est le leitmotiv de Nicolas Chénéchaud et de son équipe municipale pour le mandat.
Les orientations budgétaires étaient au programme du conseil municipal du lundi 13 avril 2026. Alors que le sujet des finances était sur toutes les lèvres pendant la campagne, ce conseil était forcément attendu.
La municipalité reste encore discrète sur les projets à venir, comme sur leur financement, mais devrait se montrer plus précise lors d’un nouveau conseil prévu le 27 avril avec le vote du budget. Et la priorité semble, avant tout, donnée aux économies… De quoi faire réagir certains élus d’opposition.
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Objectif : réduire les investissements
« Il n’y a rien de plus politique qu’un budget », lance Nicolas Chénéchaud avant de dérouler les chiffres importants de la mandature. Lundi 13 avril, des « grandes orientations » ont été fixées et un budget primitif sera voté le 27 avril.
L’objectif est de réduire la dette entre le début et la fin du mandat. Cela a pu faire l’objet de beaucoup de fantasmes et bien là, l’heure de vérité sonne de nouveau.
Pour réduire cette dette et repasser sous les sept années de capacité de désendettement, la Ville va progressivement réduire ses investissements.
En 2026, leur montant baisse de 4 millions d’euros : 69 millions en 2025 contre 65 millions cette année. Chaque année, ces investissements diminueront jusqu’à atteindre la barre des 30 millions d’euros en 2029, avant de se stabiliser jusqu’en 2031. Cela permettra « d’autofinancer la majorité des projets ».
Concernant la fiscalité, la Ville souhaite la maintenir « en dessous de celle des collectivités de notre taille ». Les taux d’imposition n’augmenteront pas en 2026 et resteraient, par la suite, une « solution de dernier recours ». Cette hausse des impôts pourrait dépendre des « aléas du mandat », a indiqué Didier Hamon, conseiller municipal délégué en charge des finances.
Les chiffres à retenir
500 000 € : Le montant des économies sur les dépenses de fonctionnement que la ville prévoit de réaliser.
30 millions d'euros : Le niveau " plateau " annuel des investissements que la municipalité souhaite atteindre à partir de 2029 et jusqu'en 2031.
12 millions d'euros : l'enveloppe consacrée au plan d'embellissement des quartiers (voirie, verdissement, mobilier) dès 2026.
7 ans : L'objectif de capacité de désendettement (doit rester inférieur à ce seuil)
4 millions d'euros : La baisse programmée du montant des investissements dès 2026 par rapport aux années précédentes.
Recettes réelles de fonctionnement : Elles sont estimées à 82,9 M€ en 2025 et pourraient progresser jusqu'à 85,5 M€ en 2026.
Dépenses réelles de fonctionnement : Le budget prévoit une stabilisation à 64,5 M€, tant pour l'année 2025 que pour 2026.
Dépenses réelles d'investissement : Elles devraient passer de 78 M€ en 2025 à 75 M€ en 2026.
Recettes réelles d'investissement (hors CAF) : Ces recettes sont projetées à 64,1 M€ en 2025, avec une prévision de 54 M€ pour 2026.En complément de ces quatre piliers, la capacité d'autofinancement (CAF) est évaluée à 18,4 M€ en 2025 et pourrait atteindre 21 M€ en 2026.
Les projets pour 2026
Si les détails financiers des projets à venir n'ont pas été dévoilés, en voici la liste :
Les lecteurs de plaque en entrée de ville
La maison médicale de la Chaume
Qualité de vie : les logements abordables, le coeur d'Olonne et des opérations de voirie dans chaque quartier
La tour d'Arundel
L'école René Guy Cadou
La rénovation des Halles Centrales
Les premières opérations de verdissement des cours d'école avec le projet de l'école Marcel Hordenneau dès cet été
Les réactions
Nicolas Chénéchaud l’a martelé : la Ville veut « faire mieux avec moins ». Ce qui n’a pas manqué de faire réagir Anthony Bourget. Le représentant du Rassemblement National Adrien Moginot a quant à lui rappelé son combat pour la sécurité.
Voici un florilège des réactions de l’opposition à ces orientations budgétaires.
Céline Tesson
C’est la tête de liste de la gauche qui a ouvert le bal : « Vous prônez une amélioration de la capacité d’autofinancement et c’est un point que l’on peut entendre. Mais cela ne suffit pas à garantir que la trajectoire budgétaire est vraiment sécurisée. J’en viens donc aux recettes de fonctionnement : vous passez de 82,9 millions en 2025 à 85,5 millions en 2026, soit une augmentation de 2,6 millions. Selon votre rapport d’orientation budgétaire, cette hausse repose sur plusieurs hypothèses : + 1,5 point sur les bases fiscales, + 1 point sur les recettes de service. Mais vous soulignez vous-mêmes que les bases de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires sont devenues plus instables et que, par définition, les recettes exceptionnelles ne peuvent pas être considérées comme des recettes pérennes. Dès lors, pouvez-vous nous dire ce qui, dans cette prévision, vous paraît la plus fiable ? » Le maire Nicolas Chénéchaud a apporté une réponse collective à ce sujet : « Ces recettes exceptionnelles sont directement liées à notre ambition et au programme que l’on porte. Ces recettes exceptionnelles, c’est, quand nous sommes amenés à vendre un certain nombre de cessions sur nos fonciers. Typiquement, avec le plan 500 logements abordables, sur l’année 2026, nous aurons l’occasion de vendre le foncier Tabarly et de pouvoir générer des recettes grâce à ce foncier. Être visionnaire et être en capacité de gérer une ville, c’est aussi savoir prendre des décisions d’acquisition foncière, qui prennent de la valeur et ensuite de pouvoir les vendre au bon moment. »
Adrien Moginot
« Vous avez fait campagne sur la sécurité de notre population en affirmant que notre police municipale serait la mieux équipée de France. Cependant, nous constatons, année après année, une dégradation générale du climat social dans l’éducation, dans le respect d’autrui et plus largement dans le vivre ensemble. Dans ce contexte, il est aujourd’hui établi que la police municipale souffre d’un manque d’effectif. Il manquerait entre six et huit agents pour assurer une présence suffisante sur le terrain. Par ailleurs, j’observe la section des dépenses d’investissement que vous nous avez présenté. En 2024, 3,2 millions d’euros étaient consacrés à la sécurité, soit environ 7 % de l’investissement total. En 2026, vous prévoyez 1,8 million d’euros, soit seulement 2,8 % du budget prévisionnel. Cela représente une baisse très significative, de près de deux à trois fois moins de moyens consacrés à la sécurité. Aujourd’hui, il est évident que les Sablais attendent davantage de protection. Envisagez-vous de revoir à la hausse le budget dédié à la sécurité pour 2026 ? »
Voici la réponse de Nicolas Chénéchaud : « Permettez-moi de vous dire que vous confondez la quantité et la qualité : ici, c’est Les Sables-d’Olonne. Jamais, je n’ai dit la police la mieux équipée, mais la police la plus efficace. Oui, nous allons continuer d’innover, continuer de s’inspirer qui peut se faire ailleurs, continuer d’avoir des outils sur mesure qui permettront aux Sablais de se sentir toujours en sécurité. Et nous aurons cette police municipale, la mieux équipée, la plus efficace. Nous avons une police qui a avancé en nombre de policiers municipaux. Nous allons continuer avec nos bornes d’appel d’urgence, nous allons bientôt installer des lecteurs de plaques, nous allons travailler sur un poste de police avancé… Il ne s’agit pas de mettre des lignes de budget pour investir à tout va. Nous allons apporter une réponse appropriée aux Sablais. »
Anthony Bourget
« Pendant toute la campagne, vous avez répété : “Les finances sont saines.” Et ceux qui disaient l’inverse ? Incompétents. Menteurs. Aujourd’hui, vous changez de discours : économies, réduction de la dette, stabilisation des effectifs. Pourquoi faire des économies si tout va bien ? Parce que, au fond, vous reconnaissez que la trajectoire n’est pas bonne. Et vous cherchez encore des excuses : le contexte national et international, pas meilleur aujourd’hui qu’hier ; la comparaison avec d’autres villes, l’argument du pire est toujours le pire des arguments. Regardons les faits. Un budget ce n’est pas que de l’arithmétique, c’est une politique. La CAF reste positive. Très bien. Mais pourquoi ? + 3 millions d’euros de recettes cette année. Pas grâce à une meilleure gestion, mais grâce aux impôts et aux effets cumulés de vos hausses passées. Traduction : les recettes augmentent, mais le train de vie, lui, ne bouge pas. […] Sur l’investissement : vous annoncez la fin du pic mais vous programmez encore 75 millions d’euros. C’est 3 millions de moins que l’année. La descente est douce, très douce. Sur la dette maintenant. Vous l’avez doublée lors du mandat précédent. Vous voulez régler le problème que vous avez créé. En 2027 : la capacité de désendettement sera supérieure à 7 ans. Ce que j’avais annoncé il y a quelques mois. Vous franchissez votre propre ligne rouge. Et que faites-vous ensuite ? À partir de 2028 : arrêt des emprunts. Autrement dit : vous reprenez notre proposition de “zéro dette nouvelle”. Après l’avoir moquée. Après l’avoir caricaturée. Merci de nous donner raison. Mais vous le faites trop tard. Aujourd’hui : la dette continue d’augmenter, la capacité de désendettement dérape, et vous allez utiliser l’épargne pour rembourser. Ce n’est pas une stratégie. C’est du rattrapage. Vous reconnaissez le problème. Mais vous continuez à l’alimenter. En conclusion : Ce budget est une prise de conscience… pas une rupture. Ce n’est pas l’année qui sera de transition, mais le mandat ! »
« M. Bourget… Vous n’avez visiblement pas tiré les enseignements de cette campagne. Agiter le drapeau rouge, venir créer des polémiques, faire peur… Je crois que les Sablais ont choisi et que ce n’est pas cela. Je pense qu’il faut faire comme vous l’avez proposé : être une opposition constructive, intéressée par les projets, par un travail en commission… C’est là que l’on vous attend ! C’est ce que les Sablais attendent. Pendant toute cette campagne, j’ai fixé des engagements et je m’y suis tenu. Pourquoi faire des économies ? Pourquoi ai-je voulu mettre un adjoint à la performance publique (N.D.L.R : Jean-François Dejean) ? Parce que j’y crois ! On peut faire mieux avec moins et ce n’est pas un gros mot. Je pense qu’il y a un contexte national et un contexte local. Les Sablais et les Français, c’est ce qu’ils attendent de nous. C’est ça, être un élu responsable et engagé. Donc il n’y a pas d’enseignement. Vous pouvez réécrire le script comme vous voulez, la réalité est là : j’ai cette culture, je suis maire fraîchement élu. Il faut que l’on puisse avancer. N’agitez pas de mauvais chiffons rouges et regardez et constatez ce qui est en train de se passer : là, on fixe un cap. Donc engagez-vous, aidez-nous à l’atteindre. On doit agir tous ensemble pour les Sablais. »
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